Mercredi 28 juin, nous partons pour le grand nord. Cela faisait 1 an que je n’y avais plus mis les pieds. Ces lacs, ces routes interminables et ces forêts boréales me manquaient. Cette région qui incarne le sauvage me rappelait, titillait ma soif d’aventure. je ne pensais plus qu’à une seule chose, la Laponie.
Enfin arrivé, ces longues heures d’avion et de voiture sous le soleil de minuit parurent interminables. Mon idylle lapon se rapprochait petit à petit.
Hâte de quitter les routes pour les sentiers, les baskets pour les bottines et le téléphone pour la carte, me disais-je.
Vendredi 30 juin, enfin le jour du départ. Je vous ai pas dit, mais Cyril m’accompagne. Mon frérot, mon duo depuis si longtemps, je me voyais pas le faire sans lui.
Nous commençons à marcher, les moustiques se manifestent et se précipitent sur le moindre bout de peau pas assez bien protégé.
À part ça, le premier jour est fatiguant mais pas épuisant. Nous arrivons dans un petit refuge au pied de la montagne que nous voulons gravir le lendemain. Le cadre est dépaysant. Nous qui étions même pas 48h plutôt dans le tumulte de Bruxelles.
C’est l’heure du repas, au menu des boulettes suédoises: c’était meilleur dans mes souvenirs. Pas grave le souper est requinquant et je vais me coucher le ventre plein et les idées claires.
Avant de ma coucher je bouquine un peu. Du sylvain Tesson. Ses mots me font voyager et m’inspirent. Je rêvasse encore légèrement à mes futurs livres d’aventures que j’écrirais plus tard.
Samedi 1 juillet, l’ascension est physique mais nous avançons d’un bon pas, presque arrivés. Nous continuons notre marche à flanc de colline et restons ébahis devant la vallée qui s’ouvre devant nous.
Enfin arrivés en haut. Rarement je fus émerveillé devant un tel paysage.
J’en profite même pour réaliser un de mes rêves: prendre une photo nue surplombant une vallée, à ce moment je me sens surpuissant.
C’est l’heure de descendre. Cette fois-ci, c’est l’aventure. On quitte les sentiers tracés et nous descendons en direction d’une rivière qui nous déposera à 1km du refuge. L’idée est géniale, la réalisation un peu moins. Là où là-haut les moustiques nous avaient abandonné, ici ils se donnent à cœur joie de nous faire un accueil chaleureux. Là où là-haut, on avançait d’un pas sûr et rythmé, ici nous nous frayons difficilement un chemin à travers une abondante forêt presque inexplorée.
Après 3h30 de marche épuisante dans cette forêt, nous sommes arrivés près de la rivière. Il nous faut encore trouver une mise à l’eau, C’est bon. On peut enfin gonfler nos packrafts et commencer à pagayer. La descente de cette rivière est magnifique. Le coucher de soleil illumine le Skierfe que nous venons de monter. Arrivés au refuge, le sauna nous fait un bien fou et détend nos muscles qui on souffert tout au long de la journée.
Dimanche 2 juillet, nous rentrons. La cloche que j’ai à mon pied droit n’arrête pas de croître et me fait un mal de chien. Mon mental en prend un coup car je ne suis pas aussi performant que je le voudrais.
Pause déjeuner. La température a drastiquement chuté. Là où on comptait 20 degrés la veille, il n’en fait plus que 9. J’ai froid même en ayant un pull et une veste. Je me décide de marcher d’un bon pas même si mon pied me fait souffrir. Encore 10 km de souffrance et puis c’est fini. Dû à mon rythme soutenu, je largue mes deux compères et je prends pas mal d’avance. Ce n’est pas pour autant que je m’arrête. Chaque pas est une nouvelle épine dans le pied, je n’en peux plus mais je tiens bon. Je vois enfin le point de départ, je me sens libéré d’un poids et le sourire regagne mon visage. Je l’ai fait!
J’attends les autres sagement tout en rêvassant à mon exploit. Les autres arrivent enfin. Nous nous mettons en route et à la maison je m’écroule dans un bon bain chaud qui me fait m’endormir et repartir dans mon idylle lapon que je souhaite ne jamais abandonner.
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