À bout, je reste pendu là un moment. Je ne sais plus quoi faire.
Finalement, l'idée me vient d'utiliser des sangles pour me hisser en artif en haut de ce maudit passage. Ça fonctionne et je me mets sur un gros becquet pour assurer Loïc. Pendant qu'il grimpe, mon cerveau est HS. Tout ce que je sais, c'est que je ne veux pas être ici. Quand Lo arrive, j'éclate en sanglot dans ses bras. Puis on commence à éclater de rire en pensant à la situation dans laquelle on se trouve. 2 longueurs plus tard, on arrive à une petite vire juste assez grande pour mettre un seul matelas. Il est 20h40. Ce sera notre bivouac.
On met de la musique et on se met à danser. Je suis trop excité à l'idée de passer la nuit ici !! Au menu on a le bon vieux couscous aromatisé à la soupe en poudre. Sauf que le couscous est en vrac dans la casserole. D'après Tonio ça gonfle aussi avec de l'eau froide, je mets la précieuse eau de la gourde directement dans la semoule puis j'allume le réchaud. De fait, ça absorbe aussitôt mais on a oublié les couverts et ça sent vite le cramé ! Pour faire les choses dans l'ordre, on rajoute le minestrone en poudre en dernier. Évidemment il n'y a plus d'eau pour cuire les quelques pâtes qu'il contient et on se retrouve à manger du couscous cramé accompagné de pâtes croquantes, le tout sans couvert sur une minuscule vire à 3800m. Pas si mal au final !
Alors que les derniers rayons du soleil quittent le Pelvoux, presque à notre hauteur, on joue à tétris sur la vire pour essayer de passer une nuit convenable accrochés au relais formé par 2 pitons pas trop moches.