Voir les immensités des pôles c’est unique, arriver tout en haut d’une montagne comme le Cervin c’est magique. Ce que j’ai vécu est beaucoup plus simple, mais tout aussi beau. Pendant mon blocus pour la session d’août, j’ai accompagné ma famille à la montagne, ne pouvant pas me permettre de faire de longues balades d’une ou deux journées comme nous aimons le faire ensemble, j’avais pris l’habitude de prendre l’air seul le matin (et certains soirs) avec mon appareil photo.
J’ai vu des choses magnifiquement simples : une fleur seule au milieu des rochers, des marmottes, un lever/coucher de soleil, des cascades, …
L’histoire est assez chouette. Mes parents m’emmènent là-bas tous les étés depuis que je suis enfant et mon père me prenait souvent avec lui pour me montrer les animaux. Au fur et à mesure, j’ai appris à connaître les endroits où je pouvais facilement les observer. Un matin, en allant prendre des photos des marmottes de l’autre côté de la crête, je les ai déjà entendues siffler alors que je n’avais pas encore passé l’arête et que le vent était contre moi (oui bon ça je m’en suis rendu compte après mais je vais faire genre que j’y ai pensé pour faire pro !). Je m’approche doucement en me demandant ce qui peut faire si peur aux marmottes (parce qu’à 6h du mat dans au milieu des montagne, je peux vous assurer qu’on n’est pas 50 000) et je ne vois rien. Alors j’attends, je sais que ça peut paraître bizarre comme décision, mais je n’ai pas réfléchi. C’est la première idée qui m’a traversé l’esprit et je l’ai appliquée. Je n’ai pas dû attendre très longtemps finalement, à peine 5 min plus tard, une tache orange se faufile entre les rochers. Mon cerveau entre en ébullition et fait très vite émerger une conclusion : c’est sûrement un renard qui chasse les marmottes !
Comme je connais l’endroit, je me suis mis à un endroit où je pensais qu’il y avait un terrier de marmotte et je me positionne de façon à être bien mis pour prendre une photo. Et j’attends, encore… De nouveau, ce n’est pas très long. Il est passé juste à l’endroit où je l’attendais, sûrement la chance du débutant comme on dit. Mais le renard m’a vu, il a dû être surpris, car il s’est stoppé net. J’ai été tellement émerveillé et surpris de le voir me fixer dans les yeux que j’en ai oublié mon appareil photo…
Ce moment n’a pas dû être très long mais suffisamment pour me marquer. J’ai juste eu le temps de prendre une photo au moment où il a tourné la tête avant de la voir disparaître.
C’était une rencontre magnifique et unique. Ce que je trouve encore plus beau, c’est que je n’ai pas provoqué cette « rencontre », elle s’est proposée à moi.
Et plus globalement, les choses et les évènements qui ont été les plus beaux et les plus marquant de ma vie, je ne les ai pas cherchés.
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