Après une 1ère journée intense où nous passons un 1er col de + de 3000 enneigé, nous bivouaquons dans une vallée.
Alors que je touille dans les pâtes en dégustant ma soupe, à côté de la tente, face à Val, elle me dit « Antoine, il y a 2 loups, il y a 2 loups ! Qu’est-ce qu’on fait ? ». Je lâche un léger « Whaaaat » au ralenti en tournant la tête, pour me retrouver moi aussi nez-à-nez avec les 2 loups, bien réels, qui nous regardent. Ils sont debout, à une trentaine de mètres de nous. J’ai beau savoir que les loups n’attaquent pas l’homme, et en ont même très peur, c’est bien la frousse le 1er sentiment qui me gagne. Je dis à Val de monter sur le rocher à côté de la tente. Pourquoi ? Aucune idée ; les loups grimperaient en un saut sur ce rocher, mais au moins on s’y sent moins vulnérable. Les loups n’ont pas bronché malgré nos mouvements. L’adrénaline retombe après quelques secondes et laisse place à la stupéfaction, l’admiration, et le sentiment de chance infinie. Je sais bien que ce genre de moments n’arrive pas 2 fois dans une vie, si tant est qu’il se produise déjà 1 fois. Je me souviens qu’un guide de haute-montagne me disait il y a peu « Les loups sont impossibles à voir, ils se maintiennent à des km de tout bruit humain. En 35 ans de carrière, je n’en ai jamais vu. Je les ai seulement entendus une fois ». On reste donc planté sur notre rocher à les admirer, quand même pas très à l’aise. Quand je veux immortaliser ce moment, malheur, je réalise qu’on a laissé les téléphones et appareil photo en bas du rocher. Après 5 minutes, quand les 2 loups s’éloignent un peu, je descends vite, récupère mon tel, et remonte sur le caillou. Trop tard pour bien photographier nos 2 collocs, c’est dommage !