Découvrir le Ha Giang (prononcez « Ha Zang »), était pour nous un projet de longue date, d’attentes, de reports et de re-plans. Nous avions entendu dire ‘paysages lunaires’, avions suspecté des reliefs frontalièrement perdus et parcourus de routes escarpées. La rencontre du Ha Giang, nous l’attendions. Et voilà que Dom monte dans un avion de dernière minute, juste à temps pour partager cette découverte….
Ses quelques jours d’atterrissage nous laissent approcher le voyage ensemble. Court moment avant d’envisager les visages de villages isolés. Il s’agissait d’être dense dans les plans, les mots, les plats et la cadence: pas de temps pour l’inutile, prendre à bras le corps l’essentiel, l’huile des choses. Rien de tel pour cela que de s’imprégner de Ha Noi, de s’enivrer de l’énergie de Hoan Kiem, son vieux quartier aux milles ruelles,
Renifler des brumes urbaines avant l’intimidation de celles des montagnes.
Parcourir les recoins des « 36 rues » marchandes – leur discret alignement qui les connecte au fleuve rouge – c’est une expérience des 5 sens :
Odeurs d’encens caché, de viandes grillées,
Bruits des motos, des cris,
Stries des fils de téléphones entremêlés, peinture défraîchie,
Tous les goûts du cœur de la ville fumante
La caresse des piliers des pagodes blafardes
La force des contrastes est une fois de plus saisissante, vrombissante
Rythme – chaos
Musique – bruit blanc
L’esprit se vide
D’un trop plein de vie
Hoan Kiem est un coup de gong, affolé mais ferme