L'objectif du deuxième jour est de rejoindre la cabane de Chanrion, en passant par les cols 'de Cheilon', 'du Mont Rouge' et 'de Lire Rose'. Évidemment, le Mont Blanc de Cheilon (3’870m) est sur notre chemin, et son ascension parait être un objectif à notre niveau.
Lorsque nous démarrons, les nuages sont assez bas et créent un environnement magique. Ils se lèvent lorsque nous passons le premier col qui nous amène sur le haut du Glacier du Giétro et au pied du Mont Blanc de Cheilon. Nous nous mettons une dernière fois d'accord sur la voie à suivre, les barrières horaires, et on s'encorde. La voie à emprunter est surplombée par un immense sérac, et sinue entre de larges crevasses. Malgré de belles conditions, et une super équipe, la barrière horaire s'approche rapidement. De plus, Alexandre décide de s'arrêter à quelques centaines de mètres du sommet, et de nous laisser le tenter à deux. Persuadés de n'en avoir plus que pour une grosse demi-heure, nous continuons notre chemin. Mais nous nous rendons vite compte que le sommet que l'on croyait si proche, est le 'sommet d'hiver'. Une longue arête nous sépare encore du 'vrai' sommet. En plus de la certitude de ne pas arriver à temps, j'avoue à Dorsan que je ne me sens pas capable de grimper là-haut. Le cœur lourd, nous nous contentons donc du sommet d'hiver. Malgré tout, nous sommes récompensés d'une vue magnifique, et nous sommes bien vite de retour auprès d’Alexandre, pour entamer la descente. Une autre récompense, c’est que la neige est parfaite. Les sensations sont géniales. De retour sur le glacier du Giétro, nous avons l’impression d'être à la fin de notre journée. Pourtant, il nous reste encore 2/3 du trajet et plusieurs cols à passer. Le manque de neige sur les cols ne facilite pas les choses, mais nous arrivons malgré tout vers 17h à la cabane de Chanrion. Nous sommes déjà impatients de retrouver un peu de chaleur autour du poêle. Mais en rentrant, les installations du refuge d'hiver nous paraissent bien spartiates, surtout comparées à la taille de ce bâtiment tout juste rénové. Après un peu de chipotage, nous arrivons tout de même à ouvrir et allumer le poêle en pierre-ollaire, pour nous réchauffer, et faire fondre de la neige. Après le repas, Dorsan nous initie à un jeu de dés nommé le 'Foundé' qui égaye le reste de notre soirée.