17h, Un mercredi de janvier, nous voilà depuis Bruxelles en route vers Motivon, un hameau sur les hauteurs de Saint-Gervais-les-Bains.
Nous arrivons autour de 4h du matin au pied du flan de montagne qu'il reste à gravir pour atteindre le chalet. Sac sur le dos, nous arpentons durant pas moins de trois quarts d'heures un chemin sillonnant à travers les sapins. La neige est bien présente et pèse sous nos pieds. Notre état "zombie" rend de manière assez étrange cette première ascension aisée. Le chalet est glacé, et nous sommes en transe totale. Nous profitons d'avoir encore chaud pour démarrer le poile et s'enfouir rapidement dans nos couchages.
Encore au plus profond de mon sommeil paradoxal, Mathieu vient me réveiller. "Les gars, Hadrien nous attend en bas, go go go".
La veille, nous avions convenu de redescendre dans la vallée pour clôturer les dernières courses, régler le matos et accueillir Hadrien qui nous vient tout droit du Valais. Une descente et une montée plus tard, nous sommes fin prêt à mettre les peaux et partir en ballade pour apprivoiser le matériel. L'enneigement est idéal, le risque avalanche modéré, l'itinéraire varié, un bon cocktail pour une première journée.
Extinction des feux vers 20h30; demain, nous nous réveillerons à 6h00. J'aime retrouver cette fatigue physique après une grosse journée de rando.
Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Geoffroy, un guide de haute montagne basé à Chamonix avec qui nous avons pris contact en dernière minute via-via. Le téléphérique des Grands Montets étant hors service, le départ en peau commence un peu plus bas.
Très vite, nous prenons de la hauteur et nous retrouvons à 6 dans cette immensité.
Après quelques godilles pour se chauffer les cuisses, nous progressons sur le glacier d'Argentière. La succession de sommets tout autour de nous dessine une crête soufflée par les vents forts d'altitude, Somptueux!
Nous cassons alors la croûte au pied du Glacier du Tour Noir. Le soleil a à présent franchi la crête qui nous entourait tout au long de la matinée. Vu les conditions favorables, nous nous lançons dans l'ascension du col (±3450m) reliant le Glacier du Tour Noir et le Glacier des Rouges du Dolent.
La dernière section est un couloir de neige. La raideur et le volume de neige fraiche nous oblige à fixer les skis sur nos sacs et monter, pas à pas, vers le col.
La première partie de la descente est vraiment plaisir; raide, peuf et bonne visibilité. Geoffroy nous indique les zones crevassées à contourner. De retour sur le glacier d'Argentière, un vent de face nous cloue sur place malgré la légère pente. Dans la souffrance, Robin attrape un début de "gelure" sur le bout du nez. Après un diagnostique rapide, il s'avère finalement qu'il s'agit d'une morve collée sur le pif... Quelques rires plus tard, nous voilà de retour sur le parking des Grands Montets.
Pour la 3e fois en un peu moins de 48h, nous montons, chacun à son rythme, vers le chalet. Quoi de mieux comme décrassage! Ah, j'oubliais, un aller retour vers la source 100m plus bas était nécessaire pour ravitailler le chalet en eau potable.
Le lendemain, même timing matinal; Encore dans la pénombre, nous dévalons le Chemin du Rocher. La course se passe de l'autre versant de la vallée de Chamonix, dans le massif des Aiguilles Rouges.
Nous commençons directement par un petit couloir que se monte dans un premier temps à ski, et ensuite, à pied, avec crampon & piolet pour atteindre le col des Aiguilles Crochues.
Nous redescendons de l'autre côté du col et longeons le versant sud de la Combe de la Balme. Plein sud, nous remontons alors le versant vers une crête qui nous conduira jusqu'à la Brèche de Bérard. Le paysage que nous offre cette ascension est superbe, je m'arrête alors régulièrement pour immortaliser le moment (et reprendre le souffle).
Depuis la Brèche de Bérard, "we hit the pow" jusqu'au refuge de la Pierre à Bérard. Ensuite, il s'agit de prendre un peu d'élan et de zigzaguer à travers les buissons pour rejoindre le train aux Montets qui nous dépose directement aux Praz, notre point de départ. Avant de se dire au revoir avec Geoffroy, il prend encore le temps de nous enseigner une technique de moufflage pour sortir une personne d'une crevasse.
La journée est loin d'être terminée pour la team. Le redoutable Chemin du Rocher nous attend encore. La nuit tombe, ... c'est parti!
Le lendemain, l'aventure se termine pour Hadri, Quent et Rob. Math et moi prolongeons encore 2 nuits à Motivon. Nous profitons de la neige fraîche tombée en masse la veille pour skier sur le domaine des Houches.
Ski au pied, nous descendons pour de bon vers Saint-Gervais où nous entamerons une demi-journée de stop pour prolonger le plaisir de la glisse ailleurs avec d'autres amis.
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