Une expé dans le froid entre nanas qui n’ont jamais fait ça ? On se lance dans ce challenge avec Olivia, Pauline et moi. D’habitude, on part en expé avec nos mecs, cette fois, pas besoin d’eux pour réaliser notre projet! Je crée cette expé et le projet motive directement les deux autres qui ne se connaissent pas encore.
On planifie un week-end dans les Hautes Fagnes avec nos mecs pour tester le matos, apprendre à se connaître et passer une soirée avec Dom. Pas de neige fin janvier dans notre plat pays, on transforme le week-end à ski en un week-end rando. Du coup, on se prépare juste au froid et à l'autonomie sous tente. Un bon dépaysement au milieu de cette magnifique nature!
Une semaine plus tard, la fameuse expé commence ! On a prévu de faire la traversée du Vercors en partant du Vallon de Combeau et de finir à Corrençon-en-Vercors, en suivant le topo de ce site : https://www.skirandonneenordique.com/topos/la-grande-traversee-du-vercors-gtv/
Arrivées le soir au départ, on se rend compte de la difficulté qu’on aura de revenir en stop à la fin de la traversée (route pas assez passante et directe). On discute avec des locaux qui nous découragent dans notre projet : stop impossible, mauvaise météo, pas assez de neige sur le plateau,… L’aventure commence déjà : on avait pas imaginé qu’on devrait changer tous nos plans.(1ère leçon : anticiper les trajets en voiture quand on ne prévoit pas de faire une boucle) Après rumination et quelques rencontres déprimantes, on décide de planter la tente dans un champ et de réfléchir le lendemain matin à tête reposée. Je nous sens un peu tendues et déçues, on se cuisine des bonnes pâtes sauce tomate pour se remonter le moral.
La pluie tombe toute la nuit... Les couques de la boulangerie le lendemain matin nous remotivent. On décide de changer d’itinéraire et de partir du col du Rousset. Ce col est aussi une station de ski, avec des pistes brunes et une ambiance glauque avec des gens dépités par le manque de neige. Les pistes sont fermées fin janvier, on peut comprendre ! On parle à la caissière de la station qui nous dit qu’il n’y pas de neige sur le plateau et que même en marchant ça n’irait pas car c’est plein de boue… On est un peu perdues, on s’imagine partir vers la Suisse pour trouver la neige. On va se poser dans un café dans le bar d’en face pour s’organiser. Ascenseur émotionnel : les gens du bar nous disent qu’il y a assez de neige sur le plateau et nous encouragent à partir. Les gens se contredisent mais on décide d’y aller. On prévoit de faire une boucle et de revenir à la voiture pour faciliter les trajets.
Nous voilà parties et on a eu bien raison car on a au moins 1 mètre de neige !!!! (2ème leçon : rester critique, surtout avec les discours de gens déprimés qui tiennent des stations de ski fermées!)
On se rend compte que le chemin n’est pas facile à trouver, les balises sur les arbres sont sous la neige… (3ème leçon : prévoir un GPS ou une carte sur le téléphone avec une batterie externe) Se repérer n’est pas aussi facile que ce que l'on avait imaginé, ça nous occupe l’esprit durant toute l’expé et personnellement ça me fait beaucoup de bien. Je me suis sentie comme en méditation durant 3 jours en ne pensant à rien d’autres que le chemin à trouver, le spot où dormir et où manger, ne pas transpirer, boire,… Je me suis sentie vivre le moment présent à 100%, quel bonheur de reposer son esprit de toutes les pensées parasites du quotidien.
Revenons à l’expé ! On est donc parties vers midi le 1er jour, le temps d’organiser le nouvel itinéraire. On commence par une belle montée pour arriver sur le plateau. La tempête nous accompagne les premières heures, sinon ce serait trop facile comme apprentissage du ski nordique. Les descentes ne sont pas faciles, on doit prendre confiance. Les chutes sont nombreuses avec le sac qui nous déséquilibre et cela nous refroidit. Les paysages sont magnifiques, ça vaut le coup de bader un peu !
On décide de dormir en refuge cette première nuit, au refuge du Pré Peyret. Surprise en arrivant au refuge : une autre team de belges, partie avec le matos du Capexpé, passe la nuit là aussi. C’est la team de Dorsan Lepour avec qui j’étais en contact car Dom m’avait dit qu’ils partaient là-bas. C'est le hasard qui nous réuni, partis à un autre moment et d'un autre endroit, on pensait ne pas se voir. On ne se connait pas mais la Belgique est petite et on a des amis en commun avec ces gars. Le feu était prêt en arrivant, le rêve! On passe une super soirée avec eux. Alexis se blesse au menton juste avant qu’on arrive, ils doivent donc retourner dans la vallée le lendemain pour qu’il se fasse recoudre. (4ème leçon : ne pas faire le con en descendant des pentes raides à fond de balles! On n’aurait, toute façon, pas osé vu notre manque d’habilités en descente...) Je joue l’infirmière avec Sébastien pour laver et fermer sa plaie, un bricolage temporaire pour la nuit. Ils nous convainquent de faire la traversée jusque Corrençon, à la place de faire une boucle et de rentrer au col du Rousset. C’est tentant et excitant, on repart vers notre objectif initial!
Après un petit dej avec les mecs, on part dans des directions opposées. On se perd bien cet après-midi-là. Pauline tient la carte, moi je tente de retrouver des traces malgré la neige qui est tombée. J’imagine des traces un peu partout, ça ne nous aide pas pour retrouver le chemin. Pauline gère la boussole comme une chef. Olivia peine encore un peu avec les skis mais on se soutient, l’équipe est super !
On sent que la nuit va bientôt tomber et on est encore loin du refuge qu’on visait pour la nuit. On décide alors de dormir sous tente cette nuit-là, je suis super contente et excitée de vivre cette expérience. On trouve un endroit parfait sous plusieurs arbres, Pauline prépare le sol pour dormir bien à plat. Je construis une super cuisine et Olivia monte la tente : la fine équipe. On se cuisine un bon repas puis on fait un deep time avec un quizz que j’avais amené. On apprend à mieux se connaître et on partage des chouettes choses. La nuit a été top ! On a un coup de froid le matin en cuisinant et repliant la tente. La sensation des orteils revient vite en reprenant la route.
N’étant pas arrivées à l’étape prévue, on se retrouve entre les étapes des refuges donc si on garde notre objectif d’atteindre Corrençon, on passe notre 3ème nuit sous tente avec 2 grosses journées de ski devant nous. On se motive, on verra comment on avance et on adaptera s’il faut !
Ce jour-là, il pleuvine et la neige fond des arbres, on sent que le temps se réchauffe. Pauline et Olivia badent avec leurs skis aujourd’hui : des paquets de neige s’accumulent à chacun de leur pas… La qualité de la neige et le manque de fart en sont la cause, on pense. Moi je n’ai pas ce souci, peut-être car mes skis avaient été fartés chez le réparateur avant l’expé... (5ème leçon : se renseigner auprès de Dom sur l’état de fart des skis.) Je sens que le moral des filles baisse et j’avance deux fois plus vite qu’elle avec mes skis qui glissent sans souci. C’est dur de ne pas avoir le même rythme et de les voir bader.
On décide de raccourcir l’expé en redescendant dans la vallée un jour plus tôt par le village de St Agnan. A quoi bon continuer si le plaisir n’y est plus ? (6ème leçon: s'attendre à changer d'itinéraire, être flexible) On a un léger goût de trop peu mais ça nous motive à recommencer ce genre d’expé. La descente vers St Agnan est super avec une route forestière enneigée : la pente est parfaite, on profite des derniers instants. Après, c’est avec les skis au bras qu’on continue la descente. Le sentier est casse gueule et très raide. On arrive finalement au village en fin d’après-midi. On est contentes d’arriver !
Olivia attend avec les sacs et les skis à St Agnan pendant que je vais avec Pauline rechercher la voiture au col du Rousset : le trajet en stop est facile et direct pour retrouver la voiture. Olivia nous a trouvé une nuit en refuge dans ce village : un mini-dortoir qu’on partage avec deux passionnés de nature qui passent quelques jours dans le coin à la recherche des traces d’animaux. On apprend qu’il y a une quinzaine de loups dans le coin, heureusement qu’on était pas au courant lors de notre nuit sous tente.
Le refuge est à 50 mètres du seul resto du village ouvert « le café de Rose ». On se fait plaisir ce soir-là et on découvre une cuisine faite maison, locale et bio : tout ce qu’on aime ! (http://lecafederose.com/)
Ayant écourté l’expé, on se cherche une étape sur la route où faire une rando et planter la tente. On trouve sur google maps la réserve du Pilatn en dessous de Lyon. On profite des vacances jusqu’au bout ! On débrief sur nos 3 jours sur le plateau et on rêve déjà de nos futurs expés.
Je suis hyper fière de nous et ready pour recommencer !
Plus d'info sur https://capexpe.org/groups/ski-nordique-dans-les-vosges
© 2026 Récits Cap Expé