Après 30 min de marche, on évolue sur des pentes de neiges de plus en plus raides, mais moins crevassées que plus bas dans le glacier. Il faut rester attentif, mais le chemin est plus clair, on se rapproche du rocher. Finalement, on arrive à rejoindre la vire tant attendue ! Malheureusement, on se rend vite compte qu’on n’est pas au bon endroit. Il n’y a aucun accès facile pour rejoindre le pied du petit Dru. On voit la bonne vire loin sous nos pieds. Une falaise nous sépare du bon itinéraire. On s’écroule sur notre petit promontoire, quel échec… Je suis certain que c’est la fin de notre course. Il est déjà 5 heures du matin, et on est épuisés. Guillaume remarque 2 coinceurs derrière un gros bloc.
- On pourrait faire un rappel et essayer de rejoindre la vire comme ça ?
- On n’est pas sûr que la corde soit assez longue… et si on descend et qu’on veut faire demi-tour on ne pourra pas remonter par ici, on devra retraverser le glacier par le bas…
- Installons le rappel et on verra, je sais qu’il est déjà tard, mais en soi, on n’a rien à perdre.
Finalement, nous voilà en bas du rappel, de retour sur le droit chemin. C’est top ! À part que j’ai oublié mes gants en haut du rappel.
- Maintenant, allons à l’aplomb de la voie, on verra quelle heure il est et on avisera là-haut
On se déplace rapidement sur le rocher, la vire est facile. On arrive ensuite sur du terrain plus raide. Malheureusement, le rocher se prête mal à la pose de protections. En plus, on doit traverser des plaques de verglas dangereuses. À nouveau, une glissade ne s’arrêterait que 500 mètres plus bas, c’est stressant. 2 heures plus tard, on arrive exténués à l’aplomb du petit Dru. À ce moment-là, on réalise que faire demi-tour est impossible. Il faudrait désescalader 200 mètres de rocher verglacés et traverser un glacier affreux. On est engagé à 100 % dans la voie alors qu’il est tard et qu’on est déjà bien entamés.
-« Bon, on a 8 heures pour atteindre le sommet du petit Dru, puis 5 longueurs pour rejoindre le grand Dru, puis une petite redescente pour rejoindre les 11 rappels qui nous mènent au glacier. On n’est pas sorti de l’auberge »