Mont Aiguille le retour
Prenez de l’escalade en rocher facile, ajoutez y de la neige, de la glace, très peu de points d’assurages/ancrages et une pincée de chutes de pierres et vous obtiendrez de l’alpinisme plus difficile.
Mi-printemps de l’an passé avec mon ami Alexandre, nous avons tenté le mont Aiguille. Dû à des couloirs enneigés et n’ayant pas de crampons et piolet nous avons rebroussé chemin au milieu de la voie.
Cette année avec de nouveaux camarades (martin, pierre et jimmy). Nous somme allé/retourné au mont Aiguille. Le projet: faire le mont Aiguille fin hiver début printemps pour avoir des vrais conditions d’alpinisme et surtout pour être seul sur la montagne. En effet, en été le mont Aiguille s’avère peu compliqué et il est donc fréquent qu’il y’ait plusieurs cordées sur la voie normale (Orienté NE).
Vendredi soir après 7 heures de route, nous squattons et dormons dans des toilettes que j’avais déjà repéré a une expé précédente. Samedi nous nous réveillons à 6h et ne partons que vers 7h30. Après une superbe marche d’approche de 1h20 nous arrivons à la base de ce monstre de calcaire. Nous y faisons une pause, c’est le moment de manger un dernier bout et d’enfiler baudrier, dégaines, friends, cordelette, sangle, reverso « et merde les broches... » On a oublié les broches à glace, tant pis on fera sans.
Les 4 premières longueurs sont assez facile: escalade à bas niveau en rocher. Nous mangeons notre midi à « l’entaille de la vierge».
c’est ensuite que les choses se corsent. Nous enfilons nos crampons prenons nos piolets en mains. Je pars en premier de cordée et je comprends vite ce qui m’attend: un couloir enneigé et partiellement glacé de 40m à 50 degré avec pour couronné le tout un joli précipice au bas de la pente. C’est ce même couloir qui nous avait fait rebroussé chemin, Alexandre et moi un an plus tôt. Je m’engage, n’ayant pas de broche, je retiens mon souflle et tâche d’être prudent: coup de crampon, coup de crampons, coups de piolet. Je croise un gros bloc mais je parviens pas à y mettre de coinceur... après avoir fait le 3/4 de la pente Pierre m’annonce qu’il est en bout de corde. « MERDE », j’avais peu envie de lâcher mon piolet pour retirer mes anneaux de buste mais il le fallait. Après avoir fait cela et continué le dernier quart, je finis par trouver un point ou je peux me vacher. Une fois vacher j’accroche la corde pour que Pierre et Martin puissent l’utiliser en corde fixe et y faire glisser un prussik. Jimmy passant en dernier pourra être assuré au reverso d’en haut. Sur cette section nous avons perdu beaucoups de temps et je commence à douter. A vrai dire c’est ma troisième tentative: la première fût celle avec Alexandre, la seconde avec pierre, nico, Quintôt et Raph avait été tenté en plein hiver mais l’approche nous prît trop de temps à cause de la quantité de neige qu’il y’avait.
Bon pas le choix faut continuer, notre meilleur accès de sortie maintenant c’est le sommet. Avec nos crampons et piolet ça passe, mais pétard aucun de nous n’avait jamais été aussi exposé ni au vide (spits/pitons enfuis sous la neige et y’en a déjà pas beaucoups) ni aux chutes de pierre/glace.
Enfin nous arrivons à la dernière cheminée de 80 mètres. Un cable y a été installé ou l’on peut s’y longer. Or par section il est sous une épaisse couche de glace/neige. Il faut donc retirer sa vache, grimper quelques mètres sur glace et se re-vacher. Sur ces sections j’assaye donc tant bien que de mal de trouver des fissures ou coincer mes friends. Mais la neige recouvre les trous dans la paroie. J’arrive à en placer 2 sur les sections sans cable.
Après un dernier effort assez exposé sans aucun point car énorme couche de neige, je casse un peu la corniche, je donne un dernier coup de piolet et me hisse au sommet. De là je trouve une pierre où faire un ancrage et assurer pierre. Une fois arrivé au sommet Pierre me dit en regardant le ralais artisanale: « heureusement que je savais pas sur quoi tu m’assurais ». « T’inquiète c’est beton, fin j’espère. » Martin et Jimmy ne tardent pas à nous rejoindre et là c’est l’instant magique au sommet du mont Aiguilles: coucher de soleil, pas de vent, vue dégagé sur les Ecrins...