Dans la région de Ganca, nous sommes pris par un petit camion, puis par un autre. Les locaux sont très sympathiques. Plus nous progressons vers Baku, plus la terre est aride. Vu qu’on est crevé nos chauffeurs nous laissent dormir pendant les longues heures de trajet
Sur la route vers Baku, nous longeons les hauteurs du Nagorno-Karabakh. Notre chauffeur, qui s’appelait Nemet m’explique que ces hauteurs sont théoriquement Azérie, mais qu’aujourd’hui elles sont sous contrôle Arménien. En fait il y a toujours eu une majorité d’Arméniens dans le Karabakh. Seulement quand la région était sous domination soviétique, Staline appliquait la politique du « divisé pour régner », tout comme de nombreuses autres puissances de l’époque. En appliquant cette politique, les autorités Soviétiques ont durant les années 20, administrativement rattaché le Karabakh à la province Soviet d’Azerbaïdjan. Résultat, à la chute de l’Union Soviétique en 1989 l’Azerbaïdjan entrainât dans son indépendance les collines du Karabakh, absorbant par la même occasion ses habitants Arméniens.
Instantanément, en 1989, le conseil local du Karabakh vota l’indépendance de l’Azerbaïdjan et son rattachement à l’Arménie. Ce qui provoqua l’intervention de l’armée Arménienne qui mena les combats aux cotés des milices locales arméniennes. Progressivement, les troupes arméniennes occupèrent le Karabakhau détriment des défenseurs Azéris qui étaient pourtant assistés pas des Officiers turcs. Le conflit sanglant qui s’en suivit, dura jusqu’en 1994 et coûta la vie à plus de 30.000 civils. En 1994, l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’accordent sur un cessez-le-feu. La ligne de cessez-le-feu établie en 1994 est toujours en application aujourd’hui.
Alors que Nemet nous raconte tout cela, nous réalisons tout doucement que le Caucase est une région-carrefour, située entre trois grandes puissances historiques, qui ont toutes laissé une trace profonde dans la culture Azérie. Premièrement, au nord, la puissance de tradition slave (russes) qui y a laissé une empreinte sociale via le modèle de gouvernance communiste. Deuxièmement, au sud-est la Perse (Iran) qui y a laissé la religion musulmane du courant Chiite (culte majoritaire pratiquée en Azerbaïdjan). Et troisièmement, au sud-ouest, les Turcs (longtemps empire Ottoman) qui y laisserons une empreinte linguistique et culturelle dans la société azérie. La localisation géographique de l’Azerbaïdjan, implique un entrecroisement culturel et ethnique, qui trop souvent entrainera les Caucasiens à se taper dessus. Par ailleurs, conflits et tensions interethniques perdurent à nos jours et nous le réaliserons durant la suite de notre voyage.