C’est à mis parcours que le malheur se produit. Je me retourne pour regarder où reste Henri et le vois couché dans une cratère de poudreuse quelques centaines de mètre plus haut. Je ne m’inquiète pas, je me demande comment il a réussi à chuter dans une pente aussi régulière et à première vue sans obstacle. Un bête coup de malchance. Vous voyez, un de ces cailloux, invisibles, qui ont l’habitude de dormir sous une fine couverture blanche et vous font regretter des les avoir réveiller lorsque, sans prévenir, dans un bruit à 70Ch la réparation, vous déchirez votre semelle sur ce rocher de malheur avec en prime, une chute digne des bronzés font du ski. Un mini bonhomme de neige plus tard, il s’arrête à mes côté et me raconte sa chute. Au départ, je ne prends pas sa douleur à la cuisse au sérieux, il semble avoir un coup de jambon, simple comme on les fabrique. Le fait est que la seule solution qui s’offre à nous à présent est la descente. Je l’encourage donc par que quelques paroles provocatrices du genre « la douleur est une information ». Je pense qu’il m’aurait bien mis une bonne tourniole si il n’était pas à 2800m au dessus du niveau de la mer avec une jambe en compote et des skis aux pieds (Toutes mes excuses Riton). Nous prenons donc la décision de descendre, slalomant entre les sapins enneigés dans une poudreuse toujours aussi agréable et immaculée. Quelques minutes plus tard, après avoir franchi tout schuss le chemin de liaison qui nous ramenais à la voiture, un peu avant Henri, je m’arrête en dérapage sur le parking enneigé et déchausse énergiquement mes skis, fière et heureux que nous soyons sortis de ce crash-test sans commettre d’erreur – à nous l’arrête du Moming (lol).
EPILOGUE
En rentrant au chalet, Henri boitait, en sortant de sa douche, il s’appuyait sur une canne de fortune, en allant au centre hospitalier du village, j’ai du le porter. Ce qui paraissait être un gros coup de jambon était en fait une déchirure musculaire avec hémorragie interne. Finit les folie en altitude, fini nos rêves d’arrêtes, faire choup choup (Bruit d’un skieur qui fais des virages dans la poudreuse) sur les pentes enneigées, ce sera pour l’an prochain. Comme je vous le disait, souvent en haute montagne, jamais rien ne se passe comme prévu. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y retourne.