Quatre heures du matin, je me réveille péniblement pour aller à Zaventem, comme dit le proverbe : « L’Avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !». Je pars seul car Phil et Max ont encore leur seconde session et je veux profiter au maximum du Cap-Vert, un archipel de 10 îles dont la surface totale est plus petite que la province du Luxembourg !
Après un changement à Lisbonne, me voilà arrivé quelques heures plus tard à l’Aéroport international Cesaria-Evora (c’est en fait un tarmac avec un grand hangar qui sert de terminal). Je trouve un B&B sympa à Mindelo la capitale de l’île ; la ville a un certain charme avec ses batiments d’architecture coloniale, il y a même la réplique de la tour de Belem (le pays a été une colonie portugaise). Pour ne pas perdre de temps, je décide d’aller au port pour prendre les tickets des ferrys. Lorsqu’on part au Cap-Vert, on a deux possibilités pour voyager entre les îles : l’avion ou le ferry ; les fauchés choisiront la deuxième option ! Les ferry’s ont toutes une série d’avantages mais aussi un immense inconvénient : les horaires changent tout le temps et impossible de les trouver sur internet ! Pour la fin de la journée, je la fais cool car Philippe doit arriver demain matin, je préfère découvrir l’ile avec lui.
Le lendemain, je me réveille et je vois plusieurs messages du Phil : « Mec c’est la hess » « Je suis à Bx ». Comme son vol avait du retard à Bruxelles, TAP a préféré reporter son vol au lendemain pour qu’il ait sa correspondance à Lisbonne ; ça commence bien ! Un peu déçu, je suis décidé à profiter au maximum de l’île, objectif du jour : gravir le « Monte Verde ». C’est le point culminant de San Vincente et lorsqu’il fait beau on a une vue panoramique sur toute l’île ! L’ascension n’est pas compliquée, il faut suivre un chemin pavé pendant +/- deux heures. Arrivé au sommet, grosse déception : il y a énormément de brumes et je ne vois rien à plus de 3 mètres. Il y a une séries d’immenses antennes installées au sommet, ambiance surréaliste, j’ai l’impression d’être seul sur terre ! Au début de ma redescente, je croise un groupe de chiens errants, ils n’avaient pas l’air sympas mais lors de ma montée, il n’y avait pas eu de soucis. L’un d’eux me mort à la jambe, gros stress !! Heureusement, les antennes étaient gardées par un militaire cap-verdien, qui m’observait, celui-ci arrive à les distraire. J’en profite pour déguerpir le plus vite possible, j’ai eu une des plus grosses frayeurs de ma vie ! Après être retourné à Mindelo, je rentre à mon B&B le plus vite possible. La journée n’aurait pas pu être pire mais heureusement Philippe arrive le lendemain !
Après mes aventures de la veille, je décide de faire la grasse mat dans ma chambre. Vers 10 heures, je regarde mes messages pour voir quand Philippe atterri à l’aéroport et là rebelote : « Ils ne vont pas me laisser rentrer dans l’avion ». Il avait pu aller à Lisbonne mais il avait raté sa correspondance pour San Antao, encore un jour seul, mais au moins il se rapproche du Cap-Vert ! Dépité, je vais dans une maison médicale, ma blessure n’est pas douloureuse mais j’ai peur pour la rage. Je tombe sur une médecin super compétente qui m’indique que la rage n’est pas présente sur l’ile, un peu de chance dans mon malheur ! L’après-midi, je prends un aluger direction Sao-Pedro, c’est le meilleur moyen de voyager sur les iles, pour un euro je peux aller à l’autre bout de l’île. En comparaison de l’agitation de Mindelo, San-Pedro est un havre de paix, c’est un petit village de pêcheur située près de l’aéroport. Lorsque les avions atterrissent, ils passent en rase-mottes au-dessus de la plage, c’est très impressionnant.
Avec 48 de retard, Philippe arrive enfin aux Cap-Vert ; depuis 3 jours, je n’avais pas eu énormément de contacts. Je lui montre la ville (qui soyons franc ce visite en 3 heures maximum) : le musée de Cesaria Evora, le musée de la mer dans la tour de Belem, le marché africain, le marché aux poissons… On en profite pour échanger nos euros contre de la monnaie locale dans un magasin tenu par des chinois. Ça peut paraitre surprenant mais dans cette petite ville, il y a une communauté chinoise fort présente. Séduit la veille par San Pedro, je propose à Philippe d'y retourner. On y passe la soirée avant de nous rendre compte qu'il n'y a plus d'Aluger vers Mindelo. On commence donc notre traverser de l'île dans la nuit noire. Par chance après quelques kilomètres un couple cap-verdien nous prend en stop.
Le lendemain, Max nous rejoins ; on prend le ferry direction Sao Antao, un peu soulagé de quitter Sao Vincente et prêt à vraiment commencer ce voyage.