Après s'être fait menacer par un homme armé près de la frontière Abkhaze (on s'en souviendra haha), nous arrivons dans la capitale de la Svanétie. Mestia est une ville très sympa entourée de montagnes qui garde son charme malgré sa renommée. De là, nous marchons une première journée afin de nous remettre en jambes. On monte donc jusqu'au pied du glacier de l'Ouchba, le Cervin du Caucase. Très belle journée avec de magnifiques vues sur les montagnes environnantes. Le lendemain partons pour un trek de plusieurs jours à travers la Svanétie.
Le premier jour, nous partons du beau petit village de Chvabiani pour entamer notre trek. Après une intense matinée (surtout pour trouver le bon chemin), sous arrivons sur le chantier d'un domaine skiable en construction, le Tednuldi ski Resort. Un camion nous prend sur son toit afin de nous amener tout en haut des futures remontées mécaniques, un bon coup de pouce ;). Nous marchons encore jusqu'à la tombée de la nuit, notamment avec un groupe d'alpinistes Iraniens qui part à l'assaut du Tetnuldi, un gros sommet qui culmine à 4858 mètres. Après avoir posé nos tentes sur un plateau avec une magnifique vue sur le sommet, on s'endort comme des bébés dans ce décor de rêve.
Le lendemain, nous descendons vers le village d'Adishi. Une petite pause bière et nous sommes repartis. Nous devons emprunter un cheval pour traverser un torrent, trop puissant pour être traversé à gué en été. Nous y rencontrons de sympathiques Irlandais venus supporter leur équipe pour la qualification à la coupe du monde. Le soir, nous montons nos tentes dans un petit village totalement abandonné, seulement habité par quelques vaches. Selon le gps il s'agit de Khalde mais notre carte n'en faisait pas mention.
Le troisième jour est destiné à rejoindre le village d'Ouchgouli, la plus haute localité d'Europe! Au alentours de midi, nous croisons une route et décidons de continuer en stop parce que marcher sur du macadam, c'est pas vraiment excitant. Arrivés là-bas, nous nous arrêtons vite fait pour visiter le vieux village. Il nous reste encore 1 jour et demi nous envisageons donc de continuer notre trek jusqu'à Chvelieri, d'où nous ferions du stop pour rejoindre Koutaïssi, la deuxième ville du pays. On se met donc en marche sous un temps du plus en plus orageux. Le soir-même, trempés de la tête au pieds, nous montons nos tentes dans un magnifique vallée à proximité du ruisseau.
Après un nuit orageuse et pluvieuse, nous plions les tentes en espérant pouvoir les faire sécher au plus vite. Nous montons vers le col qui nous permettrait de passer dans la vallée de Chvelieri, toujours sous un temps dégueulasse. Surprise, alors que nous prenons de l'altitude, la pluie se transforme en neige. On se retrouve donc en short dans la neige au tout début du mois de septembre. Nous continuons sur un chemin de plus en plus difficile à suivre avec le brouillard et une couche de neige de plus en plus grosse. Nous n'étions vraiment pas au bout de nos surprises! Alors que, à proximité du col, nous cherchons un chemin sui redescends le l'autre coté, nous voyons un masse sombre à quelques mètres de nous. Intrigués, nous nous approchons et découvrons qu'il s'agit en fait d'un homme qui dort tranquillement dans la neige. Nous le réveillons et au premier mot qu'il nous adresse, se dégage une forte odeur de Tchacha (l'alcool fort local). Vu l'état du bonhomme (il était complètement saoul et totalement frigorifié, son sac rempli de bouteilles vides), nous décidons de faire demi-tour pour le ramener sain et sauf à la civilisation. Cette descente, très longue (il fallait le tenir car il ne marchait vraiment plus très droit) mais aussi très marrante et parfois émouvante, restera à jamais gravée dans nos mémoires... Sous l'effet de l'alcool, notre ami ukrainien se confie entièrement à nous, nous parle de sa famille, de ses problèmes, de sa relation avec ses enfants, etc. Il prétend avoir été abandonnés en haut par ses camarades après que son campement se soit totalement envolé dans la tempête de neige. Arrivés à Ouchgouli, nous retrouvons un des ses compagnons d'aventures qui le reprend avec lui sans un merci. Nous nous mettons un gros restau pour penser à la suite du planning et nous remettre de cette aventure. Après des heures de négociations avec tous les conducteurs du village, nous trouvons enfin un homme qui veut bien nous ramener à Mestia (pour un prix malhonnête). Arrivés à la ville nous retrouvons les amis de notre rescapés qui nous remercient chaleureusement de l'avoir redescendu, alors qu'ils nous niaient quelques heures plus tôt? On trouve un moyen de rouler jusqu'à Zougdidi pour y passer la nuit, et se rapprocher de Koutaïssi, notre prochaine étape.