En ce mois de décembre 2020, Dom, Flo, Félix et moi (Antoine), avons décidé de tenter la mini aventure "Packclimbing" combinant descente packraft et escalade.
Le plan initial était de grimper une matinée à Hotton et de partir en packraft un peu après midi ; ensuite ramer quelques heures et installer le bivouac sur les berges de l’Ourthe ; le lendemain rejoindre les rochers de Bomal y grimper à la frontale, mettre un tarp, une tente et installer le réchaud à essence dont Dom nous a longuement vanté les mérites. Le dernier jour on avait pensé reprendre les packrafts pour 5 km et rejoindre les magnifiques falaises de Sy. Malheureusement il a trop plu à Sy, nous sommes donc restés à Bomal grimper dans les surplombs.
A la base Florian et Bruno (un autre membre de la secte des baroudeurs de Grez-Doiceau) devaient partir dans les Alpes pour y faire du ski de rando. Seulement à cause des mangeurs de pangolins à l’urine de chauve-souris ils n’ont pas pu y aller. Bruno, lui a quand même réussi à descendre dans les Alpes, tout le monde n’a pas une semaine de temps libre pour rester cloîtrer chez soi au retour.
On forme vraiment un chouette groupe d’ados à 4. On se connait depuis nos 7 ans et faut dire qu’on s’est bien trouvé ! Cela dit (à mes yeux), c’est pendu dans nos baudards ou en équilibre sur une sangle au-dessus de la Dyle qu’on a passé nos meilleurs moments ensemble.
Donc nous voilà réduit au nombre de 3. Je suis arrivé une journée avant les 2 autres pour aider Dom dans la sélection du matos et pour choisir si on prenait 11 ou 22 crêpes (ne vous en faites pas, la question a été vite réglée). Après notre petit détour au supermarché et 20 kg de chocolats en plus dans la Zoé (la mythique voiture électrique de Dom), on est allé chercher Flo et Félix à la gare de Verviers. Après un sauna et un bon bain dans le puit (toi-même tu sais) nous nous sommes effondrés dans l’incroyable refuge de Jalhay.
Comme vous l’avez vu, ce n’était pas une expé très coûteuse, sans trop de surplus (le chocolat, lui ne compte pas), le temps annoncé n’était pas glorieux et elle n’a pas demandé beaucoup de préparation (à part le choix des crêpes). Mais dans le fond la destination, elle importe peu. Avant le départ je me réjouissais à l’idée de passer du bon temps avec mes 3 compagnons mais pas tellement de faire 35km en packraft ou d’aller grimper en falaise (même si j’adore ça !). Je pense que les relations qui se créent en mangeant des crêpes brûlées sous un tarp sont bien différentes et d’autant plus fortes et spéciales que celles arrangées autour d’un bureau ou sur un banc à l’école.
Le lendemain, on ne traine pas, avec Dom : devoir s’habiller et faire son sac dans la Zoé, c’est la routine ! (J’exagère à peine !). Après quelques petites longueurs sympathiques à Hotton, nous voilà étanches de la tête aux pieds, prêts à affronter les terribles vagues scélérates du cours d’eau de Hotton. Juste avant la tombée de la nuit, nous installons le camp et mangeons une bolo déshydratée qui était franchement bonne même si elle trainait chez Dom depuis plus d’un an, lui-même n’était pas très confiant, alors certes, je n’ai pas arrêté de péter mais vaut mieux ça que de mourir de faim. Je me rappelle le soir Dom disait : « Le courant est si fort ! On va super vite ! On a bien dû faire 20km ! » qu’il annonçait fièrement. Les 2 autres crurent la même chose, moi en revanche j’étais beaucoup plus mitigé, je m’étais dit « ho si on a fait 13 km c’est déjà bien ! » Après avoir regardé son téléphone, Dom nous dit dépité : « bon les gars, on a fait 10km ce qui veut dire que demain il en reste 25 à faire ». C’est là que je lâche « JE L’AVAIS DIT HAHAHA » en regardant la tête dégoutée des 3 clampins.
Au petit matin, on s’est préparé un bon porridge plein de sucres et de cassonades pour commencer la journée comme il faut. Une fois le tarp démonté, la tente pliée et les packrafts gonflés à blocs, on a mis nos jupettes et nous voilà partis pour une longue journée à pagayer. Mais heureusement, les combis ne fuitaient pas, on n’avait pas froid, ni faim et on rigolait bien. Petite pause à midi pour manger du bon Comté et un délicieux morceau de Côte d’Or. Le noir n'est arrivé que lorsque bâche et tente furent installés. Ce qui laissa du temps aux 2 bornés pour grimper sur les rochers à la lueur de leurs frontales. Dom et moi, nous préférons préparer le repas : la bouffe avant tout ! Ce soir-là, il restait tellement de nourriture qu'on s’est éclaté le bide entre le Toblerone, le Côte d’Or praliné à la noisette, les mignonettes, les 22 crêpes, le Cécemel et j’en passe ! (Toujours faire les courses avec moi, héhé). Ensuite pour digérer ces mets succulents, on a été pêcher, on a montré à Félix comment lancer une ligne et il y est arrivé aussi bien, voir même mieux que nous le bougre, Félix, c’est le gars qui réussit tout, tout le temps, vous voyez très bien de qui je parle, on connait tous quelqu’un comme Félix.
En réalité, cette Expé m’a permis de réaliser que toutes les contraintes que la crise actuelle implique, m’ont permis de faire énormément de choses à ma portée que je n’aurais jamais envisagées. Je n’aurais jamais passé mes après midi accroché sur ma slackline au-dessus de la rivière, je n’aurais jamais été faire du packraft à Gand, ou encore dormir dans un hamac en haut d’un chêne en pleine zone Natura 2000 avec mon ami Rodrigue, ...
Parallèlement à ça, la découverte (assez récente) de Capexpe a fait germer en moi une quantité folle de projets. Mes vacances en sont remplies ! Le fait de voir tant de monde pareils à nous, pas de sponsors Red bull, de Kilian Jornet ou encore de Mike Horn (à part Dom bien entendu), à l’horizon. Faire tant de choses folles, nous pousse à poursuivre nos ambitions, à vivre notre vie et nos rêves à fond ! Capexpe fait vraiment pousser des ailes.
"Capexpe c’est un rêve mis en musique, un élan qu’on suit jusqu’au bout pour le partager ensuite."
Le dernier jour, on a encore un peu grimpé, avec Flo on a été pêcher sur un grand pont, j’ai perdu le leurre de Dom, en plus il était magnifique, quel dommage ! (Comprendra qui pourra). Une fois les bagages fait, Sophie, la mère de Félix arrive en voiture avec la grande sœur de Félix (Marion). Et moi, comme toujours à la bourre, mon sac n’était pas fait, c’était donc un peu le bordel dans la voiture mais j’avais tout le trajet pour ranger. Après s’être dit au revoir, Dom est monté dans la Zoé que Marion avait gentiment ramenée.
Sur ce, l’aventure se finit. Merci à vous 3 les gars, j’ai vraiment passé de super bons moments à vos côtés.
“I sing the song because I love the man
I know that some of you don't understand” , Neil Young
Antoine Aerts
Plus d'infos sur https://capexpe.org/expes/packclimbing-ourthe-2020/
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